Cyclos Bisserains.
Première sortie et même pas peur du froid.
Dans le monde cyclo la première sortie de l'année a souvent la forme d'un défi.
Le club bisserains répond présent avec un groupe de deux participants (Eric & J Fr)
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4 h 00 le départ derrière un groupe de vélos-couchés le lever du jour en montant le col de la Croix Haute
Même l'organisateur Jean Philippe réalise le brevet ainsi qu'Isabelle et Francine,, diagonalistes confirmées qui préparent leur route vers...Brest. Le col de cabre : Un ultime contrôle à St Nazaire en Royans et c'est le retour sur Grenoble (vent dans le dos) un luxe.... |

C'est un quatuor qui prend le départ depuis la croix de Bissy : Jean Luc, Gérard, Daniel, Jean Fr.
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Ce samedi les Cyclos Bisserains étaient sur la route avec un objectif longue distance.
Ils étaient 21 cyclos (dont une féminine) dans le sillage de Jean-François Salvi, organisateur hors-pair, tous désireux d'accomplir leur brevet de 200 km. Les maillots arc en ciel du club local ont sillonné les routes paisibles du nord-Isère et de l'Ain, longé les rives du Rhône et frôlé les imposantes centrales nucléaires de Bugey et de Crey-Malville. Les jambes à peine lourdes ils ont longé le lac cher à Lamartine avant de s'en retourner, frais comme des gardons, à la Maison Pour Tous de Bissy la Croix, leur point de rendez-vous habituel. "Mission accomplie" pouvait se réjouir le président André Sigot, fier de sa troupe. |
il est 4 h 00, 28 participants (dont deux bisserains) en tenues multicolores s'élancent pour une boucle qui géographiquement les fera contourner les massifs de la Chartreuse et des bauges.
Le groupe va bon train sous la nuit, il faut dire que jusqu'à Grenoble le profil est avantageux, nous passons à proximité de La Rochette, dans quelques heures au grand jour, des centaines de cyclos vont s'ébrouer dans les parages lors de la randonnées des ducs de Savoie, mais nous filons la journée va être longue.
Pontcharra, les premières lueurs du jours se lèvent et quelques gouttes tombent, la météo nous aurait-elle mentie, et c'est inquiet que nous faisons notre premier contrôle à Grenoble, le temps est couvert, bizarre !
Voreppe, premier plat de résistance la montée du col de la Placette, nous nous faisons doubler par une magnifique Ferrari blanche (y en a qui grimpe bien !) la pente est rude et à négocier avec humilité. descente sur Les Echelles avec le soleil retrouvé, nous faisons le choix de prendre les petites routes habituelles par La Vilette, regroupement au pied de la cote de La Bauche, animation dûe à une compétition d'aviron le long des berges du lac d'Aiguebelle et le marché de Novalaise ne facilite pas la traversée de la bourgade.
Descente sur Yenne, tiens la route est mouillée, il a plu ! Nous sommes encore un peu inquiet de l'évolution du temps. Contrôle à Yenne la majorité des participants est répartie sur deux terrasses de café, c'est l'heure des bières, des sandwichs et des discussions, on échange sur ses projets, sur les brevets déjà réalisés et surtout on tire des plans sur ceux qui restent à faire. Puis après un petit café, les vélos repartent comme une envolée de moineaux, nous sommes en terrain connu, Chanaz, Seyssel, la montée de Challonge, le paysage est magnifique à notre gauche la chaine du Grand Colombier, au fond le Jura et tout à droite les Aravis, et les Bauges.
Mais il nous faut contourner le mont Vuache par le défilé de l'écluse, une petite pause pour apprécier l'endroit. Ultime contrôle à Valleiry, ensuite sérieuse montée afin d'atteindre le col du Mont Sion, lors de cette montée nous passons à Vers, magnifique église avec son clocher à bulbe et surtourt une vue sur Genève et son jet d'eau.
Magie du vélo que l'on qualifie de "bottes de sept lieux" de l'homme moderne, le matin même nous avions un regard sur le massif du Vercors en grimpant le col de La Placette et l'après midi nous contemplons l'extrémité du lac Léman.
Puis ce sera la traversée d'Annecy, moment pénible de la journée du fait de l'affluence le long des rives du lac, nous retrouvons le calme vers Faverges et nous rejoingnons notre point de départ matinal, merci aux "brevets longue distance" qui donnent un sens à une belle journée de vélo bien remplie.
J Fr
A Souclin lorsqu'il jeta son vélo contre la barrière, les lactates avaient déjà pris leurs aises dans les muscles de ses membres inférieurs et ses neurones faisaient du trapèze volant dans sa boite crânienne.
C'était l'heure du pique nique. "C'est la repième fois que je mange dans un pour à fain" bredouilla t'il en pénétrant dans le four banal du paisible hameau. "Audourj'hui poir mou, c'est sadale, banjon et tême de chovre" embrouilla t'il avant d'engloutir son repas tiré du sac. Ses compagnons le regardèrent d'un air contrit et compatissant. "La montée a été rude" s'essaya le plus audacieux.
La journée avait pourtant bien commencé n'était-ce ce méchant fragment de rocher qui avait fait choix de traverser la route devant la roue avant du plus prudent de la troupe. Pan dans le buffet. Ce qui était à venir promettait le meilleur. Ou le pire.
La pancarte l'annonçait "Calvaire de Portes – 8 km". Des calvaires, le bougre en avait vu d'autres. Des chemins de croix aussi. Sur la route qui s'inclinait il avait repris les fondamentaux, la gueule ouverte et les yeux rivés sur le garde-boue du Samaritain charitable qui l'accompagnait, il s'était mis en mode grignotage, fait de patience de courage et d'abnégation qui lui avait fait vaincre ses Everest. Derrière les feuillages la centrale de Crey Malville tardait à s'éloigner comme pour mieux souligner la lenteur de la progression de l'infortuné. Au sommet, une vague pancarte bleutée qu'il avait feint d'ignorer lui donna l'indication d'une altitude puis il avait basculé dans la pente, happé par la descente vers le lac d'Ambléon dans son écrin de verdure qu'il ne vît pas.
A Belley, à la table du bar le Télégraphe, il balbutia sa commande "un momo . . . un momo . . . un mo-mo . . . un monaco". "Le Télégraphe, ça pourrait être notre prochaine destination" suggéra le capitaine de route qui dessinait déjà dans sa tête le parcours avec ses deux complices Garmain et Aupeineronnaire. "Cau . . . cau . . . cause toujours tu m'intéresses" avait lâché l'un des participants au maillot arc en ciel.
Daniel Légat