Des bornes, des bosses et du goudron

Kolonodale, le 14 octobre 2011.

Lorsqu’il est en itinérance loin de ses bases, l’Européen a parfois du mal à s’affranchir de ses habitudes. Pour se rassurer ou pour mieux maîtriser le cours des choses il affectionne avoir une vision prospective. Et lorsque cet Européen est cycliste, ce besoin de prévoir lui semble une nécessité.

Mauvaise pioche !

L’Indonésien est petit et tout lui semble grand, loin, inaccessible !
Interrogez le pour savoir la distance qu’il vous reste à parcourir vers la prochaine ville : il vous répondra invariablement “masih jauh“ (encore loin) en portant son regard vers l’infini. Vous êtes donc bien avancé ! Si vous vous faites insistant, il complètera par un “dua puluh bebih“ (50 km) qui s’avèrera être 50 à 80 km. Parfois, il se satisfera d’un“tiga desa lagi“ encore trois villages. Vous voilà donc armé pour vos prévisions de fin de journée !
Interrogez le sur l’état de la route, incontournable préoccupation de tout cyclo à la monture chargée : vote interlocuteur n’a généralement jamais emprunté la route que vous allez prendre, mais la gentillesse de l’Indonésien et son désir ardent de rendre service lui imposeront d’être précis dans les informations qu’il vous donne. Il vous annoncera une route goudronnée et en excellent état et vous vous retrouverez immanquablement sur une route empierrée et truffée de trous.
Quant à l’appréciation des reliefs et des difficultés du parcours, ceci est une autre histoire ! Les “tidak ada gunung“ ou “sedikit gunung“ ou “gunung tapi tidak tinggi“ n’éclaireront jamais le cycliste européen… à la vision prospective.


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