Kamar kecil

Sabang, le 11 octobre 2011 kamar
Kamar kecil *

A mi-chemin entre la maison et la mer était une cabane aux planches lessivées par les pluies des moussons. A la craie, une main malhabile avait dessiné des lettres aux contours imprécis et les mots formés en Bahasa Suku Banggai gardèrent leur mystère à l’étranger accroupi sur le trou. J’étais à l’ouvrage pour garantir aux reliquats de la veille la bonne trajectoire. Au dehors, mais j’avais l’impression d’y être tant les planches disjointes avaient été séparées par le temps et les heurts de la vie, les coqs avaient organisé de façon impromptue un concert.
Un jeune coq, plus intrépide que les autres avait passé la tête dans l’entrebâillement de la porte, avait semblé s’étonner de ma présence et s’en était allé. Les sonorités du marché tout proche me venaient. S’y étaient donné rendez-vous toutes les racines et plantes de la forêt dont les ménagères se plaisent à agrémenter les plats. Un coq opiniâtre et retardataire avait tenté une improvisation en solo. Des fourmis en procession marchaient d’un pas alerte, préoccupées et indifférentes. Je m’amusais à les voir contourner les mêmes obstacles puis disparaitre dans une fissure du bois. Vers leur destin.

Avec l’eau saumâtre puisée dans la cour, j’avais achevé l’ouvrage.

* Kamar kecil : mot à mot “chambre petite“. C’est ce que nous appelons parfois le “petit coin“