Pourquoi parcourir le monde

 Quarante années, le souffle d'un instant,  l'attrait infaillible de lieux inexplorés et la magie de mots juxtaposés, Manado, Macassar, un nouveau trait sur une carte comme pour dessiner mon destin d'une fin d'été.

J'avais compris qu'il me fallait ouvrir une nouvelle fenêtre sur le monde et découvrir peut-être une autre partie de moi-même. Il le fallait.

Tout s'est alors précipité. Et tout s'est bousculé,  à m'en donner le vertige. Pourquoi parcourir le monde ?

Pourquoi parcourir le monde, n'en voir que des recoins et n'en saisir que de fugitifs instants ? Ne serais-je qu'un collectionneur de rencontres et d'instants ? Pourquoi cette quête d'instants juxtaposés s'il n'était un sens ? Au quotidien une fresque mosaïque propose simultanément à mon regard la poésie des visages et l'émotion, la beauté et la douleur d'instants fugitifs mis en lumière par le ciel. Le voyage n'est pas une conquête, il est plus que cela. Il est une bousculade salvatrice, où vos certitudes viennent s'écraser devant le kaléidoscope géant qui s'impose à vous. Dans une alternance imprévisible, le monde met à nu ses entrailles, convoque le diable ou les saints et s'étale sous vos yeux.  Le voyage ne vous avertit pas qu'il est une épreuve, il vous invite seulement à lire le monde, à vous en offusquer ou à le chérir. Vous en serez apaisé. 

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