Tuléar, Bac Ha, Rangoon, Mandalay, Phongsaly, Battambang, Chittagong, Bhubaneshwar, Banjarmasin, mes chemins de traverse sont peuplés de consonances exotiques et ma mémoire à fleur de peau convoque tour à tour les visages et les rires, les noirs obscurs et les détresses.
Hier j'étais assis au bord du Gange. J'étais au bord du grand fleuve et cherchais moi aussi dans ses eaux tumultueuses réponse à mes interrogations. Que fais-je ici et que puis-je lire dans ces eaux chargées qui coulent à mes pieds et qui charrient en de mêmes voyages la vie et la mort, la vie pour nourrir de ses eaux limoneuses le grand delta qui l'attend là-bas et la mort dans sa vocation purificatrice de tous les péchés ?
Ce goût de l'éphémère m'habite ici plus encore qu'ailleurs, devant le grand fleuve immuable qui roule ses flots vers le Bengale.
Je n'ai pas arrêté l'instant, tout juste l'ai-je suspendu pour mieux percevoir ce qu'il me livrait alors. Puis je m'en suis allé vers d'autres tableaux ou d'autres chimères.
